Erigée en 4 ans de 1906 à 1910, celle qu’on appelle « la casa Mila » et que les espagnols ont surnommée « La Perdrera » (carrière de pierre), a été l’objet de multiples controverses.
Les barcelonais très moqueurs, le conseil municipal en opposition constante, n’ont jamais été en capacité d’arrêter ce projet de l’architecte catalan Antoni Gaudí.
Plus d’un siècle après, la Perdrera est un des lieux emblématiques de la ville, elle a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle reste l’un des dix sites les plus visités de Barcelone.

On ne peut empêcher son regard d’être attiré par cette maison, non ce n’est pas la chaleur, ou trop d’alcool…les murs de façades ondulent. Et si vous regardez avec attention, vous ne pourrez trouver nulle part dans cette construction, le moindre angle droit!

Pour l’artiste, sa maison est un symbole architectural de la nature. Pour lui la façade évoque les vagues, et rappelle également les pierres brutes de la montagne proche. Toutes les décorations en fer forgé représentent des plantes et des fleurs. Les façades ont des teintes très neutres, Gaudi ayant l’espoir que les futurs habitants les décoreraient de fleurs.

Elle se veut être un hôtel particulier, et est classée par les spécialistes comme « une œuvre monumentale du modernisme catalan de la première décennie du XXe siècle », modernisme dont Gaudi a été le chef de file. Cette demeure sera son avant-dernier projet utilisant ses techniques célèbres: l’inspiration naturaliste et l’arc caténaire.

Sept constructions de Gaudi sont aujourd’hui inscrites au patrimoine mondial, ce qui prouve sa contribution créative exceptionnelle  à l’avancée des techniques et au renouveau de l’architecture en tout début du vingtième siècle.

En plus de la Perdrera vous pourrez aller voir:  le parc Güell, le palais Güell,  la Casa Vicens, le travail de Gaudí sur la façade de la Nativité et la crypte de la cathédrale de la Sagrada Familia, la Casa Batlló, la crypte de la Colònia Güell.

L’oeuvre de Gaudi, tout en restant très éclectique, est une illustration de toutes les différentes facettes de la société, telle qu’il la voit. Il s’inspire de  sources patriotiques catalanes traditionnelles, mais aussi de l’évolution des techniques. Il excelle en architecture, mais aussi dans l’art des jardins, dans les sculptures… C’est un touche à tout de génie.

Le directeur de l’école d’architecture dira en lui remettant son diplôme:  « Nous avons accordé le diplôme à un fou ou à un génie. Le temps nous le dira. »

Le temps a répondu… C’était un homme d’exception, végétarien, très croyant, proche de la nature, il reste sans doute l’architecte le plus célèbre d’Espagne. Et même si son style est presque inclassable, il est devenu une référence dans le monde entier, les architectes de toutes nationalités reconnaissent en lui un maître, un des plus grands, voire le plus grand