ghats à Bénares Le Gange sert de fil conducteur à la ville, symbole et artère vitale de la vie quotidienne à Bénarès. La mort, très liée au fleuve, est également omniprésente : familles accompagnant leur défunt vers l’eau du Gange, cadavres dérivant dans l’onde trouble, psalmodies funéraires, l’atmosphère en est imprégnée.

Bénares, l'énergie mystique

Considérée comme une ville sacrée, Bénarès dégage une énergie mystique qui interpelle même le plus sceptique. Quelques images resteront gravées dans la mémoire de tout visiteur : les ghâts, sortes de gradins le long du Gange, où d’aucuns viennent pour se purifier, prier, laver le linge, couper leurs cheveux, faire du yoga, dans une cacophonie de musiques et de prières ; les rues envahies de poubelles putrides et de mouches, mais aussi de femmes en superbes saris multicolores ; les crémations, accompagnées de fanfares, où le cadavre recouvert de fleurs brûle sur un bûcher devant la famille et les passants dans une odeur de plantes et de chairs calcinées ; le fleuve à la couleur brun sombre où flottent toutes sortes de déchets et où s’immergent cependant les indiens pour se purifier ; les temples et leurs ashrams où les étudiants pratiquent en public yoga et méditation ; les centaines d’échoppes qui vendent des fleurs fraiches à placer sur les statues des dieux ; le musée Bharat Kala Bhavan recensant nombre d’histoires et de légendes liées à la ville au travers de statues et d’images anciennes ; le centre de la ville autour du temple Vishvanatha, avec son dédale de ruelles, ses boutiques de soie et d’objets religieux ; le trafic chaotique et ses rickshaws…

Benares mystique Pourtant, outre ces photographies palpitantes et colorées, la caractéristique de Bénarès, son identité, est de l’ordre de l’imperceptible. A la fois incontestable et indicible. Cela réside dans une sorte de spiritualité diffuse : celle qui permet aux hindous de prier au milieu de la foule, celle qui s’impose à chaque voyageur qui aura fait l’expérience d’un lever de soleil en barque sur le Gange, au milieu des dizaines de lueurs des petites chandelles qui dérivent, celle qui ne manque pas de nous étreindre si on assiste aux crémations. Cela provient aussi certainement de cette étonnante et constante dualité entre des extrêmes, qui se côtoient en permanence dans les moindres recoins de la ville : beau et laid, pur et impur, richesse et misère, profane et sacré.

Vous l’aurez compris, Bénarès est plus que fidèle à sa réputation : on dit que l’on ne revient pas indemne d’un voyage en Inde. Cette affirmation vaut encore plus pour cette ville emblématique, d’où vous rentrerez, sinon transformé, du moins plein de questions et d’images fortes. Comme si vous aviez voyagé à travers d’autres mondes. Vos mondes intérieurs ?