Quel site au monde fait-il plus rêver que celui-ci ? Palais immaculé posé comme un bijou dans la lumière irréelle de l’Inde, à Agrâ, le Taj Mahal suscite des émotions dues tout autant à sa beauté qu’à sa légende. Tout de marbre blanc, ce mausolée fut édifié entre 1631 et 1644 (ou 1654 selon les sources) sur l’ordre de l’empereur moghol Shâh Jahân pour honorer sa défunte épouse Mumtaz Mahal. Classé parmi les sept nouvelles merveilles du monde, il demeure le symbole de l’amour mais aussi une performance architecturale époustouflante.

Le Taj Mahal à AgraInscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Taj Mahal a nécessité l’utilisation de nombreux matériaux venant des quatre coins de l’Asie : marbre blanc, jaspe, turquoise, malachite, lapis-lazuli, corail, cornaline, onyx, grenat, agate, cristal de roche…Les pierres sont incrustées dans le marbre pour former une marqueterie somptueuse. Autre particularité qui confère un aspect magique à ce monument incomparable : le plan d’eau où il se reflète et qui trace une sorte de chemin liquide vers lui.

D’un point de vue plus objectif, le Taj Mahal n’en est pas moins remarquable : il est bâti sur une plateforme octogonale surélevée et son dôme central atteint une hauteur de 26 mètres. Encadré de quatre minarets, il est entièrement construit en marbre blanc, et décoré dehors comme dedans de fleurs et de calligraphies ciselées avec une finesse incroyable. Une mosquée de grès rouge est bâtie sur son flanc gauche, et un édifice jumeau lui donne la réplique à droite, même si elle n’est pas utilisée en tant que mosquée. Une gigantesque porte d’entrée permet l’accès au palais, et le jardin, le Bageecha, est partagé en quatre carrés égaux, divisés eux-mêmes en 16 parterres où poussent 400 plantes. La symétrie des lieux, étonnamment, contribue à les rendre plus irréels encore. Plusieurs milliers de personnes, maçons, marbriers, mosaïstes, auraient participé à son édification sous les ordres de l’architecte Lahori. Le style s’avère un mélange d’influences diverses, venues de Perse, du monde islamique et de l’Asie centrale.

Tous les moments de la journée sont propices à la contemplation du Taj Mahal : l’aube qui le caresse d’une teinte rosée, le crépuscule qui lui donne des lueurs orangées, la nuit qui le fait scintiller sous la lune. Vous ne pourrez oublier cette vision quasi surnaturelle…

Toutefois, Agra offre d’autres sites que vous pourrez visiter, bien qu’ils ne puissent complètement rivaliser avec le Taj Mahal : le Fort Rouge, fort en grès rouge où se retrouve les styles hindou et musulman, mais aussi à 4 kilomètres au nord d’Agra le tombeau d’Akbar, à Sikandra, et encore un peu plus loin, Fatehpur Sikri, cité impériale en grès rouge parfaitement conservée, peuplée de palais déserts, et devenue aujourd’hui une ville fantôme dans laquelle on ne peut qu’imaginer ce que fut la vie quotidienne il y a quatre siècles, lorsque musiciens, calligraphes, poètes, comptables et théologiens s’y croisaient et y travaillaient, au milieu des pierres ciselées comme de la dentelle et des piliers aux sculptures  d’une élégance rare.